jeudi

J'ai omis.

Ma très chère L.

J'ose espérer que tu y trouves ton compte dans ta nouvelle vie.
Que la jolie pie ne s'est pas elle même emprisonnée dans les filets des braconniers.
Que la jolie pie n'a pas été touchée au point de tout oublier.

Je pense me rappeler à peu près de toutes nos rencontres.
Et de nos voix, des notes de piano, de papiers gribouillés, de colères de cordes, de verres et de réflexions jetées au coin du vent, de nos chaussures lacées foulant le sol de squats fraichement orchestrés.

Je me rappelle aussi.
Je n'ai pas oublié les pierres que tu as jetées, de ton air suffisant, de tes phrases hautaines, de ta considération pour le monde entier, de ton dédain permanent et ton syndrome de narcisse, de l'amour de l'égo.

Je t'écoute.
La nuit dernière je me suis souvenue de ta magie, de ton ensorcellement des mots et de tes jolies métaphores.

Je le garde pour moi.
Le reste je te le laisse.

Et disparais (pour de bon).
Je n'ai plus besoin de l'autre côté du miroir (depuis longtemps).
Je te le rends.

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