mardi

Etats.

Il y a eu un mot, puis des mots, puis des phrases entières, des éclats de rires, quelques larmes. Des heures passées là à parler, à échanger … à ne pas se comprendre parfois. Des malheurs aux petits bonheurs, tout était là, sans concessions.

Il y a ce rôle, ces rôles, ces facettes, toutes aussi contradictoires et complémentaires les unes des autres : le gentil, le méchant, celui sans cœur, celui qui comprend tout, le naïf, le désespéré, celui qui sait, celui qui joue. On ne sait jamais qui sortira de ta boîte à surprises … ce ne sont pas des personnages, c’est juste toi.

Il y a ces paroles, tes paroles … justes, mesurées, profondes. Ces paroles qui me font me taire et me sentir idiote. Tes traits, tes phrases, ton essence me transportent. Tu dis que ce n’est rien.

Tu dis toujours que ce n’est rien. Tes bonheurs et tes malheurs, tout est ramené à ce « ce n’est rien ». Une envie de te hurler dessus, de te dire que ce n’est pas ça, que tu vaux mieux qu’un « ce n’est rien », que tu mérites mieux que ces trois mots et demi lancés en l’air.

Ton gouffre abyssal n’est pas résumable à « ce n’est rien » ; tu y plonges, souvent, et « ce n’est rien ». Tes larmes ne sont pas rien, ta tristesse n’est pas rien, ton vide et ton malaise ne sont pas rien et tes sourires sont toujours une petite victoire … sur rien.

Tu dis que je ne peux pas comprendre, que je ne suis pas dans TA vie, que je ne pourrais jamais savoir … Et si seulement l’espace d’un instant tu te rendais compte que je touche du doigt tout ce qui t’entoure et que j’avais l’instant d’un instant raison …

Puis c’est toi qui a tiré le premier, qui a frôlé la corde sensible, celle qui contre toute attente a fait vibrer des espaces en moi que je ne soupçonnais même pas. Et je me suis senti vivre différemment sous tes mots, sous tes phrases parfois maladroites mais toujours sincères.

Pour ma part, je suis tombée dans un dédale où chaque coin et recoin était une interrogation, un doute, une énigme. Peut-être que tu es là pour me révéler quelque chose, que tu m’aideras à découvrir quelque chose de nouveau. Mais cette chute libre avait quelque chose d’à la fois malsain et attractif, terriblement sensuel aussi …

J’en ai rêvé de tes mots, pendant des nuits et des nuits. J’ai tenté de mettre des gestes, des regards, des attentions à tes phrases ; les faire vivre dans ma tête me projetait ailleurs.

Tout a été trop vite, c’est évident.
Coup de fil, café, ballade, dîner, baisers et plus vu affinités.
Tout s’est sabordé en quelques instants.
Echec, malaise, incompréhension, déception, inconductibilité.

Tes mots sont redevenus des mots, une saveur différente s’en dégageait. Cela ne nous amusait plus, mais j’insistais, je voulais les entendre à nouveau …

« Pourquoi tu t’obstines ? »

J’aime juste ton image. C’est tout.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire